🧩 Pourquoi certains postes usent-ils leurs salariés quand d'autres, tout aussi exigeants, les tiennent en bonne santé ?
La réponse n'est ni dans les personnes, ni dans la quantité de travail : elle est dans l'organisation.
Le travail, dans la plupart des vies, est l'une des meilleures protections de la santé mentale. Un cadre au temps, une identité, un revenu, des collègues, le sentiment d'être utile. Perdre son emploi dégrade la santé mentale plus sûrement que le travail lui-même.
Il protège quand l'organisation le permet. Il altère quand elle déraille. Et elle peut dérailler de plusieurs façons :
- par le trop : surcharge qui consume,
- par le vide : ennui, perte de sens),
- par la violence : trauma, harcèlement),
- par la contradiction : le conflit de valeurs.
Depuis 2011, ces facteurs sont cartographiés : c'est le rapport Gollac, avec ses six familles de risques psychosociaux — l'intensité et le temps de travail, les exigences émotionnelles, le manque d'autonomie, la qualité des rapports sociaux, les conflits de valeurs, l'insécurité de la situation.
Cette grille est la langue commune de tous les préventeurs : la DARES pour ses enquêtes, l'INRS pour ses outils, de plus en plus de juges pour lire les dossiers.
Mais elle n'a aucune existence légale. Aucun texte n'oblige un employeur à évaluer ces six familles dans son document unique. C'est l'une des recommandations du rapport sénatorial enterré en juillet derner : inscrire Gollac dans la loi.
Samedi 10 octobre, ça sera la Journée mondiale de la santé mentale — l'occasion de rappeler que la prévention se joue aussi, et surtout, dans l'organisation du travail.
La semaine prochaine, dernier focus sur le Rapport enterré de Noémie Guérin : l'angle mort du texte refusé en bloc par le Sénat, la santé de ceux qui organisent le travail.
🔗 Et pour en savoir plus sur GOLLAC et les 6 familles de RPS, c'est ici : https://www.bienetretravail.fr/risques-psychosociaux/
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